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Une crise sans précédent dans l’histoire moderne

Jean-Philippe Bry's picture

ouvrir la version pdf« Il y a des décennies où rien n’arrive, et il y a des semaines où les décennies arrivent. » – Vladimir Lénine

À la différence de la crise de 2008 qui a été précipitée par une crise financière, la crise actuelle est essentiellement sanitaire, et c’est cette dernière qui a entraîné une crise économique et l’arrêt de l’activité économique, qui ont, à leur tour, eu un impact sur le secteur financier, au point d’engendrer une autre crise, de liquidités celle‑ci, et beaucoup d’incertitude en ce qui concerne la solvabilité, mais surtout la situation économique. La bonne nouvelle est que les banques centrales et les gouvernements sont intervenus rapidement.

En 2008, les répercussions de la crise financière sur l’économie se sont fait sentir progressivement sur plusieurs mois, ce qui a permis à tous et à toutes de s’ajuster et, à tout le moins, d’anticiper un ralentissement. La crise actuelle est survenue soudainement, voire brutalement, et le marché de l’emploi en a déjà subi les répercussions, que ce soit au Canada, en Europe ou aux États-Unis. Les statistiques sur le chômage sont sans précédent dans l’histoire moderne. L’on s’attend actuellement à ce que le taux de chômage atteigne une fourchette allant de 20 % à 30 %, même si cela devrait être de courte durée. Donc, nous sommes en train de subir un choc économique plus grave que la crise économique de 1929, mais des mesures importantes ont déjà été mises en place pour en contrer les effets négatifs.

Les marchés financiers ont, dans un premier temps, réagi au ralentissement économique dont peu avaient anticipé l’ampleur – pour notre part, nous nous attendions à une correction de l’ordre de 10 %. Par contre, beaucoup d’investisseurs, alarmés par le manque de liquidités, se sont tournés vers les actifs risqués, n’hésitant pas à s’endetter et à avoir recours à l’effet de levier. Ces stratégies, qui fonctionnent bien lorsque la volatilité est faible et que tout va bien, consistent principalement à investir dans des titres de crédit plus risqués, comme les titres immobiliers commerciaux, souvent de sociétés privées, mais aussi de sociétés à structure complexe. Jusqu’à récemment, le marché américain était le plus important à l’échelle mondiale, et le plus intéressant, car les taux étaient parmi les plus élevés en Occident. Lorsque des investisseurs étrangers investissaient dans ce dernier, étant donné la faiblesse des rendements domestiques, les devises étaient souvent protégées contre le risque de change au moyen de swaps. Le stress des marchés a rapidement mené à un règlement de ces opérations, ce qui a créé de fortes tensions dans l’ensemble du secteur financier, engendrant un dégagement massif. Presque tous les marchés obligataires étaient figés, et on a eu l’impression que tous les investisseurs ont cherché à liquider leurs titres en même temps, vendant ce qu’ils pouvaient. Le dollar américain s’est fortement apprécié du fait de sa rareté sur le marché mondial, en raison du volume important de dettes libellées en dollars américains.

Rapidement les banques centrales se sont mobilisées pour contrer ces opérations dans l’espoir d’éviter le pire. La rapidité et l’ampleur de l’intervention des banques centrales, dont la Réserve Fédérale américaine, la plus importante en raison du dollar américain qui est la devise de réserve, sont sans précédent. Fortes de leur expérience de la crise financière de 2008, elles n’ont pas tardé à mettre en place des swaps de devises, et à racheter des obligations d’État, mais aussi de sociétés, une mesure qu’elles n’avaient pas prise en 2008. Pour donner un ordre de l’ampleur des interventions, en 2008, la Réserve Fédérale américaine a racheté au sommet de la crise 100 milliards de dollars d’obligations par mois, sur plusieurs mois. Il y a deux semaines, elle rachetait 125 milliards de dollars d’obligations par JOUR. Le bilan de toutes les banques centrales s’accroît à une vitesse vertigineuse, et on ne peut prédire quand elles mettront fin à ces mesures extraordinaires. Le résultat est que les marchés se stabilisent.

Au niveau fiscal les gouvernements ont été également très réactifs pour compenser le manque de liquidités dans les entreprises et aussi chez les particuliers. Aux Etats‑Unis, l’aide gouvernementale est sans précédent, soit de l’ordre de 2 000 milliards de dollars, ce qui représente 10 % du PIB. Ces mesures sont essentielles pour venir en aide rapidement à ceux qui en ont besoin, comme les petites et moyennes entreprises qui ne tarderont pas à manquer de liquidités, ou comme les travailleurs qui perdent leur emploi et qui n’auront pas tous droit au chômage. Les mesures actuelles sont effectivement bien plus importantes que celles prises en 2008, et le président Trump a demandé de mettre d’autres mesures de stimulation monétaire pour le secteur de l’infrastructure. Cela risque d’être plus compliqué, car les Démocrates ne s’entendent pas avec les Républicains sur les modalités de la mise en œuvre d’un tel projet. Les mesures de stimulation monétaire sont en train d’être mises en place un peu partout dans le monde, sans que les banques centrales n’imposent de limites ou se soucient de l’augmentation des déficits. Il reste juste à voir ci ces mesures suffiront à soutenir financièrement l’activité jusqu’à la fin du ralentissement économique

Avant la crise, Signature avait sous‑pondéré le volet des actions dans ses portefeuilles équilibrés. Aujourd’hui, elle achète des actions à prix réduit et le volet des actions de ses portefeuilles est légèrement surpondéré. Nous cherchons encore à augmenter la pondération d’actions, mais nous attendons, car les marchés pourraient baisser davantage à court terme. Néanmoins, nous sommes certains qu’au cours des douze prochains mois, les valeurs que nous avons achetées augmenteront.

Jeff Elliott, membre de l’équipe Signature et biochimiste et spécialiste du secteur de la santé, suit de près l’évolution de la pandémie mondiale de la COVID‑19. En plus d’observer le nombre de nouveaux cas, nous suivons de près les progrès de développement d’un vaccin, ainsi que le développement de tests de sérologie pour diagnostiquer les cas d’exposition au virus, ce qui aiderait à réduire le risque de contamination. D’autres traitements sont en train d’être testés. Nous sommes donc certains qu’une solution sera éventuellement trouvée pour stimuler la reprise de l’activité économique, mais cela devrait prendre encore plusieurs mois. Lorsque la pandémie cessera de progresser, ou que nous serons certains que les marchés auront tout pris en compte, nous augmenterons notre pondération d’actions.

Le marché du crédit est également très important et il se stabilise, offrant ainsi de nouvelles occasions.

Plusieurs sociétés feront faillite, d’autres se restructureront. Les plus fortes et plus résilientes d’entre elles gagneront des parts de marché, tandis que d’autres disparaitront tout simplement. Des industries entières seront repensées. Entre‑temps, l’équipe de Signature continue de rechercher des occasions d’investissement. Nous tentons d’anticiper ce que deviendront certains secteurs, et les industries qui procèderont à une relocalisation de leur chaîne de production. On ne pensera pas à tout, et nous n’aurons pas toujours raison, mais, ce dont nous sommes certains est que nos recherches et analyses portent des fruits et nous aident, entre autres, à anticiper l’avenir et les issues possibles de la crise actuelle. Lénine ne pouvait mieux dire : « Il y a des décennies où rien n’arrive, et il y a des semaines où les décennies arrivent. »

 

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Publié en avril 2020.

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